Lettre envoyée à Nelly Ollin, Ministre de l’écologie et du développement durable, le 12 mai 2006
Madame la Ministre,
Le déterrage, pratique qui consiste à acculer un animal au fond de son terrier à l’aide de chiens avant de le mettre à mort ou de le relâcher loin de son habitat, est une technique de chasse autorisée par un arrêté ministériel, malgré sa cruauté.
Prochainement, un championnat international de déterrage va être organisé dans la ville de Saint Bonnet Tronçais, en pleine période de reproduction, et mettant donc en péril de nombreux blaireaux. Ce concours ne devrait en aucun cas être autorisé, et c’est pourquoi je suis intervenue auprès des Préfets de l’Allier et du Cher, du Maire de Saint Bonnet Tronçais, et de l’organisateur du Championnat pour les convaincre de mettre un terme à cette initiative barbare. Vous trouverez ci-joint une copie de ces courriers.
Dans l’espoir que vous saurez trouver une solution adéquate pour mettre fin à ces pratiques, je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de ma sincère considération.
Dominique VOYNET
Lettre envoyée à M. Patrick Pierrard, Préfet de l’Allier, le 12 mai 2006.
Monsieur le Préfet,
L’Association des Amis du rallye les Mailleries, avec le soutien de l’Association des Déterreurs et de l’Association Française des Equipages de Vénerie sous Terre, organise, du 25 au 28 mai prochain, un championnat international de déterrage à Saint-Bonnet Tronçais dans l’Allier. Cet événement prend place en pleine période de reproduction, alors que les petits sont à peine sortis des terriers et dépendent encore de leurs parents.
Cette technique de chasse est la plus cruelle pratiquée et elle ne se justifie pas par les dégâts, relativement minimes, qui sont imputables aux blaireaux. Au-delà de la gratuité totale de cet acte barbare, je tiens également à souligner les effets néfastes qu’il a sur la faune sauvage, en perturbant la période de reproduction.
C’est pourquoi je déplore l’organisation d’un tel concours et vous demande de ne pas autoriser ce massacre organisé de nombreux blaireaux, alors que cette espèce est protégée dans de nombreux pays européens, comme la Grande-Bretagne, l’Italie, la Belgique, l’Irlande, la Grèce...
Dans l’espoir que vous apporterez une issue favorable à ma requête, je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à l’assurance de ma sincère considération.
Dominique VOYNET |