Anna Politkovskaïa incarnait la liberté, l’honnêteté et le courage. Anna avait peur, mais elle continuait à se battre pour la vérité. Elle montrait du doigt ce que personne, dans la Russie de Poutine, n'a envie de voir : la corruption, la torture, les violations des Droits de l’être humain, la chasse aux étrangers "caucasiens" ou "géorgiens", et surtout la sale guerre en Tchétchénie.
Anna Politkovskaïa a été assassinée de manière lâche par ceux qui n’ont jamais osé la regarder en face, par ceux qui ont toujours eu peur de ses critiques, par ceux qui traquent sans états d’âme le peu qu’il reste aujourd’hui de la liberté de la presse en Russie.
Je dénonce avec émotion la barbarie de cet acte commis dans un pays dont le chef de l’Etat vient de recevoir la légion d’honneur des mains de
Jacques Chirac. Je trouve choquants et intolérables le cynisme et l’hypocrisie dont font preuve les démocraties occidentales à l’égard du régime russe, cynisme et hypocrisie qui n'ont bien sûr rien à voir avec le fait que ce pays dispose du pouvoir de fermer les robinets de gaz et de pétrole en direction de l’ouest de l’Europe ?
Je demande la création d’une enquête indépendante et impartiale pour que soient découverts les vrais assassins de Anna Politkovskaïa ainsi que tous les responsables des crimes contre les défenseurs des droits de l’homme commis durant les dernières années en Russie.
Mise à jour : Hommage sera rendu à Anna Politkovskaya mercredi 11 octobre à 17h30 à Paris, sur le parvis de Notre-Dame devant la statue de Charlemagne, à l'initiative de Études sans Frontières, Reporters sans Frontières, SOS Racisme, l'UEJF, l'association des journalistes France-Russie, et Robert Badinter, Jane Birkin, Frédéric Beigbeder, André Glucksmann, Romain Goupil, Bernard Kouchner, Bernard-Henri Lévy, Alain Madelin, Noël Mamère, Marie Mendras, Arnaud Montebourg, Dominique Moïsi, Jean d'Ormersson, Erik Orsenna, Milana Terloeva, Yann Wehrling...