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28 juin 2007 : Pour protéger l’eau, réduire les pollutions et anticiper le changement |
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Après avoir accordé à la France un nouveau délai de plusieurs mois, la Commission européenne a saisi ce mercredi la Cour de justice européenne, en lui demandant de condamner la France pour le non-respect persistant de la directive nitrates, dont les objectifs devraient être atteints depuis... 1987 ! Vingt ans de laisser faire, de couardise de tant d’élus et de préfets ; vingt ans d’intimidations, de menaces sur les protecteurs de l’environnement ; vingt ans d’indifférence polie pour le droit des consommateurs à, simplement, boire une eau potable.
Je me suis moi-même, comme élue et comme Ministre, heurtée à plusieurs reprises à la mauvaise volonté des pouvoirs publics et des responsables professionnels, toujours prompts à freiner les efforts engagés. L’absurde a ses limites : on ne concentre pas impunément sur 7 % de la surface agricole nationale la moitié des élevages de porcs et de volailles du pays et le tiers du cheptel national bovin.
La France paie aujourd’hui son irresponsabilité et son laxisme. Je suis amère de constater qu’il faudra une lourde amende pour qu’enfin notre pays commence à s’occuper des victimes, et plus seulement des pollueurs.
Dominique VOYNET
le 28 juin 2007 |
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25 juin 2007 : Ca suffit ! |
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Il a vraiment l’air content, Yves Cochet, sur la photo du nouvelobs.com. Il a lâché son petit pavé dans la mare, et on va parler de lui. C’était d’ailleurs fait pour ça... "Les Verts sont malades et en miettes, il faut les dissoudre, je ne crois pas aux réformes internes", a déclaré le camarade-député à la tribune du Conseil national des Verts, réuni pour dresser le bilan de deux campagnes difficiles, dans lesquelles la plupart d’entre nous se sont engagés sans compter. Et Yves Cochet d’ajouter, à l’issue d’une de ces tirades apocalyptiques auxquelles il nous a habitués : « nous n’avons pas progressé depuis 33 ans (l’année où René Dumont s’est présenté à l’élection présidentielle...), l’écologie politique n’a pas fait progresser l’état de la planète, nous avons échoué".
Dissoudre les Verts ? Refonder l’écologie politique ? Mourir pour renaître ? Le sujet n’est pas tabou chez les Verts. C’est ainsi que nous avons procédé en 1998, pour permettre l’unification des différentes familles de l’écologie politique, et faciliter l’arrivée chez les Verts de militants comme Noël Mamère... Nous savions ce que nous voulions, où nous allions, et nous avions vérifié avec nos partenaires qu’ils partageaient pour l’essentiel nos valeurs, notre projet, et nos choix stratégiques.
Aujourd’hui, je suis révoltée... Je comprends et je partage l’amertume des militants qui, depuis des mois, dans un contexte difficile, se sont engagés à corps perdu dans des campagnes difficiles. Ils ont vécu au rythme des petites phrases vachardes des uns et des autres, ils ont vu certains de leurs élus filer au modem, d’autres faire la campagne de José Bové, ou faire les yeux doux à Nicolas Hulot. Ils ont douté, ils se sont ressaisis, ils se sont mobilisés, encore et encore, alors même que les jeux semblaient faits. Ils ont respiré plus fort au soir du second tour, soulagés d’apprendre la réélection de nos trois sortants, et l’élection d’un quatrième député vert, à Nantes.
Ils savent qu’il faudra tout changer. Ils y sont prêts. Ils l’espèrent. A condition de le faire sérieusement. Avec un minimum de souci de l’intérêt général. Et le sens des responsabilités.
Yves a tort, doublement tort.
D’abord parce qu’il cède à la tentation morbide de la flagellation, là où nous avons besoin de dresser un constat lucide, de l’état de la société, de la gauche, et de l’écologie. Ensuite parce qu’il se garde bien de répondre aux questions qui se posent à nous. Refonder ? Avec qui ? De Bové à Hulot. Et pour quoi faire ? De l’écologie. Mais encore ?
Ce qui n’a pas été possible alors que les Verts se portaient bien deviendrait plus facile alors qu’il sont à la peine ? On pourrait convaincre les dirigeants des autres micro-partis et les diverses « personnalités » de la mouvance écologiste, identifiées comme telles par l’opinion, de rejoindre les Verts refondés ? Sur quelles bases stratégiques ? Ni à droite ni à gauche ? Ou tour à tour avec la droite ou avec la gauche ?
Soulagement dimanche. A une écrasante majorité, les membres du Conseil national décident d’ouvrir le chantier de la rénovation des Verts, avec tous ceux que préoccupe l’avenir de l’écologie politique... Première étape : les Journées d’été de Quimper, à la fin du mois d’août. J’y serai.
DV, le 25 juin 2007 |
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21 juin 2007 : L’hyperprésident... |
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Le titre barre ce jeudi la Une du Figaro, rendant compte du discours-programme prononcé par le président devant les députés de la majorité, réunis la veille à l’Elysée. Les députés ont écouté « religieusement » la parole présidentielle, nous dit le Figaro, qui ajoute : « ... journalistes et parlementaires sont sortis estomaqués par l’omniprésence du chef de l’État : à la fois président, premier ministre, chef de la majorité, porte-parole du gouvernement, et même ministre de l’Économie et des Finances, puisqu’il a annoncé qu’il assisterait au prochain conseil Ecofin pour expliquer la stratégie budgétaire de la France ». Pas besoin d’être bien malin pour lire entre les lignes : même au Figaro, on se demande si le président n’en fait pas trop...
C’est sans compter sur une « innovation » passée pratiquement inaperçue, la participation de Claude Guéant, ancien directeur de campagne du candidat Sarkozy et nouveau secrétaire général de l’Elyséee, à une émission de France inter. S’il ne s’était agi que d’expliquer son travail, ça ne donnerait pas matière à polémiques. Mais l’homme-lige de Sarkozy ne s’est pas contenté de cela. Marchant sur les plates-bandes du nouveau porte-parole du Gouvernement, il a confirmé que le nom du ministère de l’Identité nationale ne serait pas modifié...Mais puiqu’on vous dit que c’est à l’Elysée que ça se passe, désormais ! Pauvre Fillon...
Le recrutement à l’Élysée de Catherine Pégard, du Point, et de Myriam Levy, du Figaro, avait étonné ; l’annonce par l’Élysée de la nomination de Laurent Solly, ex-directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, à un éminent poste de responsabilité à TF1, avait choqué. Comment qualifier le malaise qui s’est emparé des esprits à l’idée qu’un JT de la principale chaîne privée soit présenté en direct de l’Élysée ? Le quatrième pouvoir dans les petits papiers du président . On s’en doutait, on ne s’y fait pas...
N’est-ce-pas infiniment plus grave, que le fait de tutoyer Laurence Parisot, ou de mettre les pieds sur la table pendant un entretien ? A dire vrai, c’est juste discourtois... A moins d’inviter son hôte à se mettre à l’aise aussi... Je crois savoir que Cécile Duflot, reçue par le président à la veille du Conseil européen, a gardé ses chaussures !. |
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19 juin 2007 : Du suffrage universel... et des institutions de la Vème République |
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Il s’agissait certes de souligner de façon un peu vacharde que son prédécesseur à Matignon, D de Villepin, dont la carrière s’est déroulée à l’ombre de Jacques Chirac, n’a jamais été élu. Fillon l’avait dit, déjà, avant le 1er tour. Seule compte pour lui la légitimité du suffrage universel... Ca ne l’avait pas empêché de nommer Bernard Kouchner ou Eric Besson au gouvernement. Le premier, pourtant très populaire, n’a jamais surmonté l’épreuve du scrutin majoritaire. Le second, désormais honni dans la circonscription dont il était le député sortant, était sûr de ne pas être réélu...
« Tout ministre battu aux législatives devra quitter le gouvernement » a confirmé le Premier ministre entre les deux tours. Le couperet est donc tombé sur Alain Juppé, dont la « légitimité démocratique » - 49 % des voix quand même - est ainsi remise en cause.
Ce qui n’a pas empêché François Fillon de procéder à la nomination de secrétaires d’Etat qui ne se sont pas frottées au suffrage universel et dont la « légitimité démocratique » reste à démontrer.
Rama Yade et Fadela Amara ont sans doute de grandes qualités. La 1ère a donné un coup de jeune à son parti ; la seconde a secoué les habitudes du mouvement féministe...
Auraient-elles été élues au suffrage universel ? On ne peut pas l’exclure, on peut néanmoins en douter... Car aucun candidat de la « diversité » n’a été élu, quel que soit son âge, son sexe, son étiquette politique, son implantation militante... à l’unique exception de la socialiste George Pau-Langevin à Paris. Qu’on me permette ici de noter que ça en dit long sur l’attitude des partis, qui ne leur proposent pas toujours des circonscriptions jouables, mais aussi sur l’état d’esprit des électeurs...
(*) Ironie de l’histoire, c’est à son adversaire masculin, le socialiste dissident Michel Charzat, que Fadela Amara avait jugé utile d’apporter son soutien... |
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22 mai 2007 : Bienvenue ! |
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Un mois, jour pour jour, après le premier tour des présidentielles, me
voici de retour sur ce site, mis en sommeil, comme le veulent les règles
de financement des campagnes électorales, pendant quelques mois.
J’ai été, comme vous, déçue sinon surprise, du mauvais résultat de cette
campagne, sur lequel je souhaite revenir, pour mieux le comprendre, au
cours des prochaines semaines. Je me suis mobilisée pour permettre, dans
des conditions dont chacun mesurait la difficulté, en faveur de la
candidate de gauche. Il n’y a pas eu de (bonne) surprise. Et le 6 mai,
c’est Nicolas Sarkozy qui a été élu président de la République, à une
large majorité.
Chacun l’a bien compris, et le fait que son locataire fasse du jogging
en short ne doit pas conduire à occulter cette réalité, c’est à l’Elysée
désormais, que « ça se passe »... comme l’avait souhaité imprudemment
Lionel Jospin, en procédant à l’inversion du calendrier électoral et à
la réduction de la durée du mandat du président. Le Premier ministre ne
jouera qu’un rôle de super-directeur de cabinet pour celui qui entend
bien se mêler de tout, à chaque instant.
Le nouveau président a bien joué, en « ouvrant » son gouvernement à des
personnalités de gauche. Pour dire les choses vite, et en évitant les
mots qui blessent, je n’aimerais pas me trouver au banc des ministres à
l’Assemblée, pendant que François Fillon lira son discours de politique
générale, avec des "priorités" qui tournent le dos à tout ce à quoi nous
croyons : des peines plancher pour les délinquants récidivistes, la
majorité pénale à 16 ans, la détaxation des heures supplémentaires, la
suppression des droits de succession "pour 95 % des Français", la
suppression de la carte scolaire ou encore la franchise pour les soins
de santé...
Il a bien joué aussi, en invitant à l’Elysée, dès les tout premiers
jours de son mandat, les grandes ONG de l’écologie. Faut-il le prendre
au sérieux ? Des arbitrages courageux seront-ils rendus ? Les lobbies
qui font la pluie et le beau temps depuis toujours, et qui ont salué
bruyamment l’élection du candidat de leur coeur, seront-ils remis à leur
place ? Autant de questions qui ne trouveront de réponse que dans le
temps. Bien sûr qu’il faut être vigilant ! Bien sûr qu’il faut être
exigeant ! Mais vous me permettrez de prendre mes distances avec ceux
qui se sont empressés, sur la base des décisions d’hier, de disqualifier
la démarche, en listant toutes les incohérences, toutes les ambiguïtés,
d’une droite qui a il est vrai beaucoup discouru, et très peu agi. Pour
ma part, je n’ai qu’un regret : c’est que le gouvernement dont j’ai été
membre, entre 1997 et 2001, n’ait pas pris réellement ces questions au
sérieux, en dépit de mes efforts. Je me souviens d’une réunion à
Matignon, au cours de laquelle j’ai plaidé pour que Lionel Jospin, qui
avait reçu les fédérations de chasseurs quelques semaines plus tôt,
s’engage davantage. Je lui ai proposé de recevoir les associations, ou
de faire un déplacement sur le terrain, pour témoigner sa reconnaissance
pour le travail qu’elles conduisent... J’avais apporté un petit dossier,
qui listait les initiatives prises par Tony Blair, en Grande-Bretagne.
Ma proposition n’avait suscité qu’un silence poli...et le lendemain, une
petite fuite déplaisante dans la presse, laissant penser que je m’étais
« plainte ».
La campagne pour les élections législatives est désormais engagée. La
gauche cherche à mobiliser ses électeurs. C’est difficile, parce qu’une
partie d’entre eux a la gueule de bois, que les jeux paraissent faits,
et que la stratégie est purement défensive. Tout sauf Sarkozy ? Ca n’a
pas « fonctionné » au second tour de la présidentielle ! Ne lui donnez
pas tous les pouvoirs ? Il faut avoir la foi du charbonnier pour
imaginer que ça pourrait suffire. Est-ce-manquer de détermination que
d’en convenir ? Ou faire preuve de lucidité, ce qui a si souvent manqué
à la gauche ces dernières années ?
En vérité, la gauche est nue, qui n’a pas su, pas voulu, pas pu engager
le chantier de sa refondation après l’échec de Lionel Jospin il y a cinq
ans, déjà. C’est ce défi - un de plus - que nous devrons relever dans la
période qui vient...
Dominique Voynet
Le 22 mai 2007 |
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