Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

 

Service minimum d'accueil des élèves : réaction de Dominique Voynet

Le Président de la République a annoncé hier soir, comme en réponse aux centaines de milliers de grévistes de l'Education nationale et de la fonction publique, de soumettre au Parlement, avant l'été, une loi sur "l'accueil obligatoire des élèves en cas de grève". Réaction de Dominique Voynet, maire de Montreuil.

-

Le Président de la République a fait le choix de s’exprimer le jeudi 15 Avril, jour de grève et de manifestations dans l’éducation nationale, pour annoncer un projet de loi instaurant un service minimum d’accueil pour les enfants des écoles primaires les jours de grève !

Alors que le gouvernement est interpellé sur sa politique éducative et budgétaire (projet de programmes du primaire, suppression de postes…), il répond par une manœuvre de diversion . Il entend passer en force et imposer aux élus l’organisation d’un service d’accueil en cas de grève !

Par une annonce brutale, le Président cherche manifestement à cliver l’opinion au risque de ternir les relations entre les enseignants , les familles et les communes.

Je réaffirme mon engagement aux cotés des enseignants et des parents.

J’appelle le gouvernement à cesser les provocations et à trouver les voies de la négociation. L’Ecole mérite mieux que des manœuvres politiciennes , elle a besoin de confiance ,de sérénité et d’engagements forts !

Montreuil le 16 Mai 2008

 

Loi OGM : rejet surprise, crise à l'UMP, mais on ne change rien. On passe en force ?

Le projet de loi OGM a donc été rejeté hier, à la surprise générale. C'est une bonne nouvelle, tant ce texte, déjà très faible dans sa rédaction initiale, avait été massacré à l'Assemblée nationale et, surtout, au Sénat. Les députés UMP, a-t-on dit, ont voté avec leurs pieds. L'effet est désastreux, et l'on parle au grand jour désormais d'une crise grave dans les rangs de la majorité.

Les députés UMP ont-ils manifesté là leurs réserves sur le fond de la loi, et sur la porte grande ouverte à la culture de plantes génétiquement modifiées ? Je n'en suis pas certaine. Certes, François Grosdidier était présent hier au pique-nique des militants anti-OGM. Mais parions que, pour la majorité de ceux qui avaient choisi hier de déserter l'hémicycle, il y avait surtout beaucoup de lassidtude et d'amertume envers l'Elysée. Ils s'en cachent du reste de moins en moins.

Au fond, les parlementaires de l'UMP ont besoin d'être calinés.

Et d'abord, d'être respectés. C'est l'une des leçons à tirer de ce qui s'est passé hier : si longtemps godillots, les députés UMP n'acceptent plus d'être réduits au rang de machines à tout voter, tout ce qui est annoncé puis retiré, tout ce qui passe et finit par lasser. C'est presque un rêve, si longtemps inaccessible à celles et ceux qui espèrent depuis si longtemps voir revalorisés les pouvoirs du Parlement ! Monsieur le Président, les parlementaires veulent être entendus et ils le disent par leur absence lorsque ça ne va plus. Le corps craque, ça ne suit plus.

A une semaine de l'examen à l'Assemblée du texte sur la réforme des institutions, qui pour l'heure renforce essentiellement le rôle du super-méga-hyper-président, une telle déconfiture a quelque chose de piquant, presque d'amusant. Mais la farce tournerait au tragique si d'aventure le gouvernement, appuyé par la Commission mixte paritaire réunie cet après-midi, choisissait de passer en force.

Dominique Voynet

A lire également : le récit de François de Rugy, député Vert, de la "folle journée OGM", sur les blogs de Libération.

 

Sarkozy, un an

Le triomphe semble loin. Quand les unes des magazines allaient à l’éloge, pas aux frasques. S’écrivait alors le récit d’un Président qui, élu avec l’or entre les mains, allait changer la France.

Volontariste et moderne, il savait emprunter s’il le fallait les « meilleurs » du camp d’en face. Rassembleur, pour le seul service de la France, pour l’intérêt supérieur de la Nation, évidemment pas pour de médiocres raisons politiciennes. Il était au-dessus de tout cela, il était mieux que cela. Vous vous souvenez ? Du Président joggueur, père aimant et mari transi. Il fallait que le pays voie son bonheur. Du Président actif, réformateur compulsif, meilleur camelot de lui-même. Aux français, il racontait une belle histoire, pleine de souffle, de rythme, de nouveauté. De vivifiantes batailles s’écrivaient en continu, flux d’informations rapides, l’une chassant l’autre. Sarkozy est là, puis là, et ici. Il parle, décide, tranche, agit. Le Président partout, sur tout sujet. Vous vous souvenez ?

Et puis, la chute.

Lire la suite

 

Montreuil dans Libération

Libération, dans son édition du 3 mai, raconte Montreuil, "citadelle rouge", et la Verte Dominique Voynet :

" «On fait ce qu’on avait dit : limiter la casse sans s’épuiser sur les coups déjà partis, donner un supplément d’âme sur ce qui roule et réorienter les politiques qui ne nous plaisent pas du tout», résume Voynet. «On a payé cher le ticket d’entrée», ajoute Mouna Viprey."

La suite de l'article est ici.

 

"Sarkozy théorise sa propre impuissance". Interview de Dominique Voynet (France Soir)

France Soir, le mercredi 30 avril 2008

L’ancienne candidate à la présidentielle dresse le bilan de la première année du quinquennat.

FRANCE-SOIR. Un an après la présidentielle, comment jugez-vous l’action du chef de l’État ?

DOMINIQUE VOYNET. Tout a déjà été dit sur le côté « adolescent qui pète les plombs » du président, qui s’enivre de son propre pouvoir et de ses signes extérieurs, comme un gosse qui montre ses jouets. C’est exaspérant en interne, et inquiétant pour nos interlocuteurs à l’étranger. Ce qu’on peut ajouter sur son état d’esprit, c’est qu’après avoir fait campagne sur le volontarisme politique, il semble avoir baissé les bras. Lors de sa conférence de presse, il avait déjà demandé si on lui réclamait de « vider des caisses déjà vides ». Lors de sa dernière intervention télévisée, il a répété au moins cinq fois « qu’est-ce que vous voulez que je fasse » ? Comme s’il théorisait sa propre impuissance.

Et sur le fond des dossiers, que pensez-vous des réformes enclenchées ?

Tout est prioritaire tour à tour. « On ne va pas changer la loi en fonction de l’émotion médiatique », a-t-il dit au cours de sa dernière interview. C’est pourtant ce qu’il a fait, sur les chiens dangereux, les manèges, le logement opposable, qui ne donne aucune obligation aux maires de construire. La loi sur la rétention de sûreté est aussi une réponse émotionnelle à un fait divers. Il y a bien sûr les milliards dépensés pour alléger les impôts des plus aisés, alors qu’on mégote quelques millions pour la mise en place du RSA. Mais ce qui me frappe le plus, c’est l’incapacité totale du président à anticiper le nouvel état du monde, alors que la crise de l’énergie et des matières premières n’a rien de provisoire.

La suite sur le site de France Soir

 
Crédits | Les archives de l'ancien site