Par Dominique Voynet, mardi 19 juin 2007 à 23:47 | | #13 | rss
Il s’agissait certes de souligner de façon un peu vacharde que son prédécesseur à Matignon, D de Villepin, dont la carrière s’est déroulée à l’ombre de Jacques Chirac, n’a jamais été élu. Fillon l’avait dit, déjà, avant le 1er tour. Seule compte pour lui la légitimité du suffrage universel... Ca ne l’avait pas empêché de nommer Bernard Kouchner ou Eric Besson au gouvernement. Le premier, pourtant très populaire, n’a jamais surmonté l’épreuve du scrutin majoritaire. Le second, désormais honni dans la circonscription dont il était le député sortant, était sûr de ne pas être réélu...
« Tout ministre battu aux législatives devra quitter le gouvernement » a confirmé le Premier ministre entre les deux tours. Le couperet est donc tombé sur Alain Juppé, dont la « légitimité démocratique » - 49 % des voix quand même - est ainsi remise en cause. Ce qui n’a pas empêché François Fillon de procéder à la nomination de secrétaires d’Etat qui ne se sont pas frottées au suffrage universel et dont la « légitimité démocratique » reste à démontrer.
Rama Yade et Fadela Amara ont sans doute de grandes qualités. La 1ère a donné un coup de jeune à son parti ; la seconde a secoué les habitudes du mouvement féministe... Auraient-elles été élues au suffrage universel ? On ne peut pas l’exclure, on peut néanmoins en douter... Car aucun candidat de la « diversité » n’a été élu, quel que soit son âge, son sexe, son étiquette politique, son implantation militante... à l’unique exception de la socialiste George Pau-Langevin à Paris. Qu’on me permette ici de noter que ça en dit long sur l’attitude des partis, qui ne leur proposent pas toujours des circonscriptions jouables, mais aussi sur l’état d’esprit des électeurs...
(*) Ironie de l’histoire, c’est à son adversaire masculin, le socialiste dissident Michel Charzat, que Fadela Amara avait jugé utile d’apporter son soutien...





Aucun commentaire pour le moment.
Aucun trackback.
Les trackbacks pour ce billet sont fermés.