Le déroulement de la treizième conférence des parties, ouverte à Bali le 3 décembre et consacrée à l’après Kyoto, montre pourtant que l’essentiel du travail reste à faire.

Les débats en cours sur le projet de décision finale laissent apparaître une tentation forte de saborder les objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre, au profit d’engagements incertains et de vagues promesses de faire mieux. A ce stade, d’après les organisations non gouvernementales présentes sur place, le texte reste très flou sur les moyens et les objectifs de lutte contre la déforestation, pourtant responsable de 18 à 25 % des émissions mondiales de CO2. On se désole enfin de constater que le projet de décision n’est, à cette heure, pas complété par un programme de travail précis, fixant les étapes des négociations à venir pour préparer l’après Kyoto.

Ministre française de l’Environnement en 1997, je conduisais la délégation européenne à Kyoto lors des négociations qui ont abouti à la mise en place du Protocole. J’ai pu mesurer alors les difficultés, dans un contexte où la « négligence climatique » était bien plus forte encore qu’aujourd’hui, et plus sûre de son « bon droit ». J’ai aussi mesuré depuis les progrès accomplis.

Mais je sais, par expérience, combien il peut être dangereux de ne se satisfaire que de ce qui a déjà été fait.

La lutte contre les dérèglements climatiques est une course de vitesse, engagée bien avant que les gouvernements ne se décident à bouger – trop peu, très tard, trop timidement. Si nous voulons vraiment réduire les impacts du réchauffement global et limiter l’augmentation de la température globale à 2 ° C, nos engagements doivent être incomparablement plus élevés qu’ils ne le sont ; et ils devront être tenus."

Dominique VOYNET