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Traité de Lisbonne : un nouveau référendum ?

Le Traité Modificatif européen (TME) sera signé solennellement aujourd'hui à Lisbonne par les chefs d'Etat ou de gouvernement des 27 Etats membres de l'Union européenne. On le sait, le Président de la République souhaite voir ce traité ratifié par le Parlement, sans qu'il soit soumis au référendum. Comme tous les parlementaires, Dominique Voynet a été sollicitée sur la demande d'un nouveau référendum examinant le traité, comme ce fût le cas en 2005 pour le Traité constitutionnel européen (TCE).

On trouvera ci-après sa réponse, qui fait notamment référence à la position approuvée par le Conseil national interrégional (CNIR) des Verts.

Madame, Monsieur,

Vous avez sollicité mon point de vue sur le Traité dit « simplifié » européen (ou Traité modificatif européen, TME) et sur les formes de sa ratification par la France, en exprimant le souhait de voir ce texte soumis à un référendum, comme le fut le Traité constitutionnel européen (TCE) en 2005.

Les Verts, dans une résolution largement approuvée le 24 novembre dernier, ont dénoncé « avec la plus grande fermeté le manque de parallélisme des formes que le président français veut instituer pour le débat et la décision concernant le TME. La précédente consultation étant faite par référendum, il est démocratiquement normal et cohérent de s’adresser de nouveau aux mêmes citoyens pour la ratification du TME ». Je partage ce point de vue, et déplore une décision présidentielle qui pourrait contribuer, une fois de plus, à aggraver le fossé entre l’Europe – elle n’y est pourtant pour rien – et les citoyens.

Pour autant, je souhaite juger du contenu de ce texte en toute responsabilité, en fonction des avancées qu’il peut ouvrir, et pas seulement de son mode de ratification. En l’espèce, il me semble que, sans être à la hauteur des réformes souhaitables, le Traité modifié européen (TME) permettra au moins de sortir de l’impasse institutionnelle et politique créée par le rejet du TCE et aggravée chaque jour par le maintien du traité de Nice actuellement en vigueur.

C’est pour ces raisons qu’en cas de nouveau référendum, je voterai pour la ratification du texte. Et pour ces mêmes raisons que, si je dois me prononcer comme parlementaire, je ferai de même.

Persuadée que nous avons besoin de plus d’Europe, mais que sa construction doit être réorientée vers des politiques écologistes et de solidarités fortes, je me refuse à exploiter ce débat à des fins de politique intérieure. D’abord parce que le TME n’est pas l’œuvre de Nicolas Sarkozy, bien qu’il s’en prévale, mais le résultat des efforts de celles et ceux qui, au sein de l’Union européenne, ont voulu débloquer la situation. Et aussi parce que nous ne manquons pas de motifs de nous opposer fortement et fermement à l’action du Gouvernement, en matière d’éducation, de justice, de fiscalité, ou de santé, sans faire de détours par Bruxelles.

Vous souhaitant bonne réception, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’expression de mes sincères salutations.

Dominique VOYNET

 
Commentaires
1.   Rémi Angot  ›  jeudi 20 décembre 2007 à 14:05

Madame la sénatrice,
Vous dites quen cas de référendum vous voteriez pour le TME.
Mais voterez-vous pour la modification préalable de la Constitution française, nécessaire à la ratification du nouveau traité européen qui permettra de se passer du référendum ?
Serez vous présente lors de ce vote et essaierez-vous d'imposer un référendum en bonne démocrate que vous êtes ?

 
2.   Dominique Voynet  ›  jeudi 27 décembre 2007 à 20:55
Je comprends et partage - je l'écris dans ce billet - l'indignation de Rémi. C'est celle, si j'en crois les sondages d'opinion, d'une grande majorité des Français qui demandent un nouveau référendum. Comme les Verts, je déplore la décision du Président de la République. Je n'ai pas, toutefois, signé l'appel initié par Jean-Luc Mélenchon, qui a abouti à la création d'un comité national pour un référendum (CNR). Pourquoi ? Parce que je ne suis pas dupe d'une démarche qui vise moins à obtenir ce référendum - dont nous savons, pour être honnête, combien nous avons bien peu de chances de l'obtenir - qu'à reconstituer, une fois encore, le camp du Non de 2005. Pour ma part, je regrette le sort fait au Traité constitutionnel européen. Si j'avais eu à l'écrire, il aurait été plus "écologiste" et le plus "social" et plus "démocratique". Il correspondait, non pas au meilleur, mais au moins mauvais compromis possible à l'époque. Et il paraissait évident qu'aucune mobilisation civique européenne (car elle ne pouvait être qu'européenne) n'aboutirait à une renégociation plus favorable. Est-il exagéré de considérer que, sur ce point au moins, nous n'avions peut-être pas tout à fait tort ? Alors, oui, dans les conditions d'aujourd'hui, et parce que le TME nous permettra de sortir quelque peu de l'impasse, je voterai Oui. La décision de Nicolas Sarkozy est prise, et l'assentiment de la (très confortable) majorité UMP au Sénat et à l'Assemblée lui est acquis. On peut dénoncer la méthode, mais pas "imposer" un référendum, comme vous le suggérez, cher Rémi. Un vote d'obstruction de l'opposition ne servirait, comme on dit, qu'à "sauver l'honneur". Mais quel honneur ? Je soutiens moi que l'honneur en politique est aussi d'agir pour ses convictions, y compris lorsque cela va contre son intérêt tactique à court terme. Ce n'est pas moi qui décide du cadre dans lequel le traité de Lisbonne sera ratifié ; je ne peux que m'y adapter et assumer ensuite mes responsabilités, en fonction de ce qui me semble le mieux pour les citoyens français et les citoyens européens. C'est ce que j'entends faire.
 
3.   CASTOR  ›  vendredi 28 décembre 2007 à 00:00

Merveilleuse langue de bois. Dominique, tu dis respecter la démocratie, mais tu refuseras de voter pour le vote référendaire sous prétexte que certains parmi ceux qui le demandent, souhaiteraient une nouvelle victoire du non.

En fait, tu affirmes par là que le recours à la démocratie ne te conviens que si le résultat sert tes objectifs. Je ne vois là que manoeuvre politicienne visant à reléguer les aspirations du peuple au rang du méprisable. Tu es, comme d'autres, l'une des raisons du manque de crédibilité de ton parti.

 
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