Par Dominique Voynet, mardi 29 janvier 2008 à 18:15 | | #68 | rss
A l’heure où je rédige ces lignes s’engage au Sénat la discussion sur le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution. clair, il s’agit d’autoriser les modifications constitutionnelles que suppose l’adoption du Traité de Lisbonne. Je suis dans mon bureau, à l’écoute du débat dans lequel je n’interviens pas : c’est en effet Alima Boumediene-Thiery qui dispose aujourd’hui du temps de parole des sénateurs verts (on pourra lire le texte de son intervention sur son site). Ca commence fort, par… une suspension de séance ! Il s’agit de réunir en urgence et par surprise la commission des Lois pour lui faire dire que la motion de procédure qui demande l’organisation d’un référendum est irrecevable…
Depuis plusieurs semaines, nous avons reçu des dizaines de courriers, et des centaines de mails, dénonçant le choix du président de la République, qui a annoncé, avant même d’être élu, qu’il n’organiserait pas un nouveau référendum, au mépris du « parallélisme des formes ». Les citoyens ont décidé ? Eux seuls devraient pouvoir revenir sur la décision née d'un premier référendum. Voilà ce que disent les courriers. Comment leur donner tort ?
Je continue à penser que Nicolas Sarkozy commet une double faute, contre le peuple, privé du droit de choisir, et contre l’Europe, dont les nouvelles règles seront adoptées en cachette, ou presque. C’est pourquoi j’ai décidé de soutenir les amendements qui demandent la tenue d'un nouveau référendum. Ils ne seront vraisemblablement pas adoptés ; je m’abstiendrai donc lors du vote final. Idem lors du Congrès, à Versailles, si le chef de l'Etat s’obstine - c’est le scénario le plus probable - à refuser d'entendre la demande d'une ratification par référendum.
Viendra ensuite la troisième étape du processus, le vote sur le Traité lui-même. Je voterai pour le Traité, parce que j'ai hâte de voir l'Europe sortir de la situation d'impasse institutionnelle et de flou politique dans laquelle elle se trouve. Je ne suis pas dupe : le Traité de Lisbonne, pas plus – et même moins encore – que le Traité constitutionnel, n'est pas la loi fondamentale d'une Europe véritablement écologique, solidaire et démocratique. Mais, en comparaison des traités qui régissent aujourd'hui le fonctionnement de l'Union européenne, c'est clairement un progrès.
Dominique Voynet





Merci de cette prise de position, courageuse car la gauche montreuilloise que vous sollicitez est peu encleinte à soutenir la voie libérale dans laquelle l'Europe est engagée. Le nouveau traité (pas nouveau du tout comme vous savez) en est la continuation et la consolidation, malgré les miettes de 'progrès' que vous voulez y voir (l'absence totale d'un volet fiscal, en particulier, rend ce traité inacceptable -mais il y a de multiples autres considérations rédhibitoires pour toute pensée 'de gauche', et ce n'était pas mon objet ici).
Mais dites-moi : pourquoi n'avez vous pas signé l'appel du CNR ? (ni Mme Viprey, etc.). Nous y sommes bientôt 80000, dont 111 parlementaires et 10 autres qui s'engagent à voter CONTRE. Vous abstenir est cautioner l'imposture politique en cours...
www.nousvoulonsunreferend...
Chers tous,
Une précision d’abord, qui me semble utile : si je n’ai pas répondu – pas encore – aux commentaires laissés sur ce billet, c’est tout simplement faute de temps. La vie, et pas seulement la vie politique, ne laisse pas toujours le temps de réagir à la vitesse attendue, si du moins l’on veut écrire soi-même, sans en laisser le soin à ses collaborateurs.
J’en viens au fond du débat. Je comprends, je l’ai dit et redit, la colère et l’indignation légitimes de celles et ceux qui considèrent qu’on vole aux citoyens leur droit à l’expression. Mais, comme l’a bien expliqué Alain Lipietz et d’autres avec lui), le problème posé par la modification constitutionnelle soumise au Congrès n’a pas à voir avec le choix entre référendum et ratification parlementaire. Le Parlement ne vote pas sur le mode de ratification, et notamment pas sur la tenue d’un référendum, car c’est – hélas ! – une prérogative exclusive du Président de la République. Le Parlement doit se prononcer sur, et seulement sur, les modifications de la Constitution qui seraient rendues nécessaires par la ratification du traité de Lisbonne, que celui-ci soit ratifié par référendum ou par la voie parlementaire.
Voilà mon plus grand regret : pour mobiliser sur une cause juste – la tenue d’un nouveau référendum – les partisans du Non ont choisi de tordre la réalité, celle du droit et celle de la politique. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai d’ailleurs choisi de ne pas rejoindre le Comité pour un nouveau référendum (CNR).
Je le dis encore une fois : je n’ai pas l’impression d’avoir trahi ni mes électeurs ni le peuple français dans ce débat. Favorable au texte lui-même, je le voterai lorsque mon avis me sera demandé, comme je l’aurai voté et défendu dans le cadre d’un nouveau référendum. Parce que la forme n’y était pas, j’ai choisi, comme l’écrasante majorité des parlementaires de gauche, de m’abstenir pour ne pas cautionner le hold-up du Président.
On peut regretter d’avoir perdu la bataille. Mais, dans ce cas, il faut savoir à qui l’on adresses ses reproches. Ce n’est pas le Congrès qui peut, quel que soit son vote, permettre la tenue d’un référendum, mais strictement le Président de la République. Et c’est à lui qu’il faut demander des comptes.
Admettons que le congrès ait rejeté le projet de révision de la constitution comme le souhaitent la plupart de contributeurs précédents, et que donc le traité de Lisbonne n'ait pas pu être ratifié. Il se serait passé quoi? La démocratie aurait été sauvée? L'Europe sociale aurait triomphé? Un "crime" aurait été évité? Non. L'Europe élargie aurait été paralysée encore plus longtemps et contrainte de fonctionner avec les règles très imparfaites et très libérales du traité de Nice. Les partisans du "non" en 2005 ont été incapables en trois ans de fournir un plan B pour établir une Europe sociale qui conviendrait à nos 26 partenaires. Donc comment imaginer qu'ils l'auraient fait après ce nouvel échec? La victoire du non a eu pour principale conséquence de faire reculer l'Europe politique et sociale.
Enfin exiger un rejet de la révision de la constitution revient tout simplement à bloquer tout possibilité d'adoption du traité, sans que le peuple soit consulté! Drôle d'exigence pour des gens soi-disant épris de démocratie! La position qui consiste à ne pas empêcher la révision de la constitution, puis à déposer une motion référendaire au Parlement pour que le peuple soit de nouveau consulté, est donc une position parfaitement cohérente et démocratique. Si la droite refuse cette motion, elle portera la responsabilité du choix de l'adoption du traité par la voie parlementaire.
En tout cas merci à Dominique Voynet pour son courage et son attachement aux règles démocratiques.
Bonjour Mme Voynet.
Celles et ceux qui vous reprochent votre vote sont simplement à la recherche (et tout est bon) d'une cible sur laquelle ils pourraient passer leur "haine" et leur "frustration" de ne pas avoir eu l'occasion de revenir sur le devant de la scène médiatique pour expliquer q'une autre Europe est possible. Le fameux (ou le fumeux plan B) dont tous les nonistes naifs attendent encore que leurs leaders se mettent au travail. Et, le travail ne consiste pas à tirer sur tous ceux qui ne les suivent pas. Ce qui me désole profondément c'est leur attitude haineuse, violente parfois envers ceux qui ne pensent pas comme eux. Pourtant, ils ne cessent de parler de respect, de tolérance, d'humanité, de fraternité, ..., bref, ils en ont plein la bouche mais ne rêvent (secret) que d'une chose, rouvrir les goulags et y envoyer tous leurs opposants démocratiques. En fait, ils font de la pub autour de leur pseudo ouverture d'esprit et de démocratie alors qu'ils ne pensent qu'a agresser celles et ceux qui ne pensent pas comme eux.
Puis, ça suffit de ne parler en France que des 2 pays qui n'ont pas voté le TCE. J'ai la chance de voyager parfois dans d'autres pays européens et les populations, notamment les jeunes, sont majoritairement et profondément heureux de vivre dans notre belle Europe. Certes, il faut toujours c ontinuer à se battre pour l'améliorer et la rendre plus humaine, plus culturelle, plus sociale, etc. Beaucoup d'autres continents envient cette belle idée de vivre au sein d'une communauté voulue surtout dans un souci principal de paix. Et, ce ne fut pas simple. C'est grâce à des personnes comme vous que l'on y arrivera car vous ne vous contentez pas de hurler avec les loups, vous luttez dans les lieux prévus pour ça, les institutions démocratiques? C'est là que ça se passe. Que cela plaise ou pas, l'Europe est vraiment démocratique. Rien que pour çà, je vous dit bravo et vous demande de poursuivre votre beau combat pour plus d'Europe.
Pour qui se prennent-ils ces donneurs de leçons qui nous reprochent notre haine? Oui, j'en suis arrivé à haïr les politiques qui ne respectent pas le peuple, envoient des vigiles privés régler le compte des étudiants et des professeurs sur les campus , ne connaissent pas un traître mot de ce mini-traité de miniprésident, s'en foutent et se moquent de nous. Vous appelez cela la tolérance,le respect, lhumanité?
Vous qui voyagez tant dans notre belle Europe, votre belle Europe, prenez-donc le temps du voyage pour lire un peu et cherchez le sens des mots que vous employez. Cela ne peut que vous faire du bien
C'est bien ce que je dis, halte à cette haine, elle ne mène à rien de bon. Et puis, où est la responsabilité de l'Europe dans l'histoire des vigiles? Ne mélangez pas tout.Et, si Sarkozy est Président c'est bien les français qui l'ont élu, pas les européens, non ?
Il faut être aveugle pour nous faire croire que nous vivons en démocratie. Nous vivons maintenant sous l'emprise du dieu "FRIC", comme leader. Vous voulez fabriquer une Europe de pauvres. Vous voulez revenir des années en arrière après avoir anéanti tout ce que les luttes sociales ont apporté de bien pour le peuple.
Nous sommes gouvernés par des incapables qui se garantissent 5 ans "'d'indemnité-chômage" en cas d'échec aux élections, nous rendent responsables de la pseudo-dette de la France et virent de bord selon leurs intérêts.(les vigiles ne sont qu'un détail de ce que devient cette BELLE EUROPE SECURITAIRE). L'Europe sans sécurité sociale?l'Europe des travailleurs qui se tuent pour rien? du CAC40? des SDF? vous aimez cette Europe? Ayez le courage de le dire!
Tuez les pauvres , les SDF, les malades et les chômeurs! Voilà une Europe propre. Il ne faut pas être hypocrites.
Espérons que l'Iralnde, seul pays qui peut s'exprimer, votera contre ce traité, contre cette traîtrise!
Je ne comprends pas que des gens agissent comme des moutons en trouvant normal d'être dirigés par des incapables.
Je ne suis plus très jeune, M.Ed, et comme vous, je ne trouve pas normal d'arriver à ressentir de la violence: toute ma vie a été dirigée dans l'autre sens et pour l'autre sens. Et je n'aurais jamais cru éprouver cela. Mais une force en moi, un minimum de respect de l'être humain, font que je ne peux plus accepter qu'on me prenne pour un abruti qui doit obéir sous la matraque. Ni moi ,ni mes enfants, ni ceux de mes co-européens.
Bien à vous
Bonsoir,
Je comprends ce que peut ressentir M. Anjou mais mon témoignage n'est absolument pas pour interdire à qui que ce soit de penser en leur âme et conscience. Je suis simplement effaré de lire ou d'entendre ici et là autant de propos "violents" pour des débats d'idées. Se battre pour nos convictions oui, trois fois oui mais dans le respect de l'autre, de ses idées même si elles ne correspondent pas à nos valeurs. Ce n'est absolument pas "une leçon" à qui que soit. C'est simplement un point de vue. J'ai aussi des enfants et mon combat n'est plus pour moi mais pour eux, pour les jeunes générations. Même si l'Europe n'est pas ce que les uns ou les autres seraient en droit d'attendre, c'est quand même une belle idée, la plus belle depuis longtemps. Je ne demande pas à ce que l'on soit d'accord avec ça, simplement respecter ce point de vue. Bon débats à toutes et à tous... c'est ce qui fera avancer les idées.
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