Les faits qui lui sont reprochés ont été commis en Italie dans les années 1970. Madame PETRELLA ne nourrit aucune nostalgie de cette époque : elle a rompu avec ce passé, et reconstruit sa vie. Depuis des années, elle travaille au grand jour comme assistante sociale à Argenteuil. Mariée avec un Français, elle a un enfant âgé de dix ans.

Comme vous le savez, Marina PETRELLA, profondément déprimée, traversée d’élans suicidaires, vient d’être hospitalisée en hôpital psychiatrique pendant cinquante jours, à la demande des médecins de la prison de Fresnes. Son avocate craint pour sa santé mentale et pour sa vie.

Il me semble, Madame la Ministre, que la France s’honorerait en appliquant la clause humanitaire prévue par la Convention d’extradition franco-italienne signée en 1957. Il ne s’agit pas d’un passe-droit, ou d’une revendication d’exception, mais de la stricte application de la loi, qui prévoit très explicitement des dérogations à l’incarcération et l’extradition pour raisons médicales.



Je vous remercie, Madame la Ministre, pour la bienveillance avec laquelle vous voudrez bien examiner le dossier de Marina PETRELLA.

Dans l’attente d’une réponse que j’espère favorable, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute et sincère considération.

Dominique VOYNET