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Ingrid Betancourt est libre !

J'apprends ce soir qu''Ingrid Betancourt est libre, enfin.

Depuis sept ans, nous étions mobilisés pour sa libération, et nous ne cessions d'y croire, impatients que ce jour arrive. Ce soir, je suis simplement très émue.

Je pense à la famille et aux amis d'Ingrid. Je pense à Clara Rojas, dont je sais le bonheur qu'elle éprouvera de partager sa nouvelle liberté. Je pense aussi à celles et ceux qui, en Colombie, ont partagé et poursuivi son combat contre la corruption et la violence qui gangrènent le pays.

Je pense évidemment aux milliers d'otages qui restent prisonniers des FARC, et attendent eux aussi une solution.

Je pense à Ingrid, à qui revient, après sept années d'enfer, enfin la possibilité de recommencer à vivre.

 

Marina Petrella : simplement respecter le droit



Je me suis rendue, le 19 juin dernier à Villejuif, à l'hôpital Giraud, pour y exercer le droit de visite que la loi accorde aux parlementaires. Je souhaitais constater par moi-même dans quelles conditions y séjourne Marina Petrella, hospitalisée d'office depuis le 12 juin dernier. Me Terrel, avocate de Marina Petrella, et les membres de son comité de soutien m'avaient alertée sur la situation, qu'ils jugeaient très préoccupante. J'ai pu voir à quel point, hélas, ils disaient vrai.

Marina Petrella est cette ancienne membre des brigades rouges italiennes qui, comme tant d'autres, a rompu avec les armes il y a près de trente ans, puis trouvé l'asile en France. François Mitterrand, alors Président de la République, avait engagé sa parole : à celles et ceux qui renonçaient à la violence, la possibilité de refaire leur vie. Et, pendant près de vingt ans, ils ont été quelques dizaines à bénéficier de l'asile. La parole a été rompue lorsque la France a commencé à répondre favorablement aux demandes d'extradition de l'Italie. C'est ainsi que Marina Petrella a été arrêtée, en août 2007. Par hasard : c'est elle qui s'est rendue dans un commissariat, pour y déposer plainte. Elle n'en est ressortie que pour entrer à la prison de Fresnes, menacée d'extradition.

Depuis, et l'administration pénitentiaire l'admet elle-même, sa santé s'est très fortement dégradée, allant jusqu'à mettre sa vie en jeu. C'est la raison pour laquelle, pour la deuxième fois en quelques mois, l'administration a ordonné son hospitalisation.

Aujourd'hui, Marina Petrella vit, presque 24 heures sur 24, entre les murs nus d'une pièce minuscule. Il ne s'y trouve rien, sauf une bouteille d'eau. Ni télévision, ni radio, ni journaux, ni livres. Marina Petrella n'a, il est vrai, même pas pu conserver ses lunettes. Sortir est impossible, puisque la loi impose que, pour quitter sa cellule, la détenue soit accompagnée de deux infirmiers... soit la totalité des personnels du service ! Elle ne sort donc pas. Je vous laisse imaginer sa joie lorsque j'ai pu lui transmettre quelques journaux que le médecin s'est engagé à lui laisser lire.

J'ai pu le constater, au cours d'un tête à tête de près d'une heure avec elle : Marina Petrella traverse un très profond épisode dépressif, et n'a plus le goût de vivre. Au point de préférer ne pas voir ses filles plutôt que de ne pas savoir à quoi ressemblera la prochaine visite, plutôt que de revivre encore et encore la détresse de l'incertitude. Toutefois, et le Docteur Lachaux, chef du service avec lequel j'ai pu m'entretenir le confirme, Marina ne présente pas de pathologie mentale. Sa dépression est liée à la situation dans laquelle elle se débat, et à laquelle elle n'imagine pas d'issue.

Je ne souhaite pas faire de cette situation une affaire politique. Il ne s'agit pas de demander un traitement de faveur, même au nom de la parole donnée. Ce que je souhaite, ce que j'ai demandé à Rachida Dati dans une lettre restée jusqu'ici sans réponse, c'est le simple respect du droit. La France peut refuser d'extrader Marina Petrella vers l'Italie : la Convention européenne d'extradition stipule que « l'extradition pourra être refusée si la remise est susceptible d'avoir des conséquences d'une gravité exceptionnelle pour la personne réclamée, notamment en raison de son âge et de son état de santé». C'est manifestement le cas ici, et l'on ne comprend pas pour quelle raison le gouvernement persiste à ne pas l'entendre.

Je le redis : je ne demande aucun traitement d'exception. Mais je constate que tout, dans la situation faite à Marina Petrella, laisse penser qu'un traitement d'exception prévaut bel et bien : les conditions de ce qu'on n'ose plus appeler une « hospitalisation », le refus opposé à son avocate d'accéder au dossier médical de sa cliente, la négligence de son état de santé ; tout cela montre bien que, pour la France, Marina Petrella n'est pas une détenue comme les autres. C'est cet acharnement qui constitue un objet de scandale, alors que devraient simplement prévaloir l'application de la loi et, au delà, le respect dû à la personne humaine, fût-elle privée de liberté.
 

Lanceurs d'alerte : Dominique Voynet soutient Christian Vélot

Christian Vélot est chercheur à l’Institut de génétique et microbiologie d’Orsay (CNRS-Université). Depuis plusieurs mois, il est en butte à de multiples tracasseries administratives venant de sa hiérarchie, allant jusqu'au gel des crédits alloués aux recherches qu'il dirige. Coïncidence ? Christian Vélot est aussi un citoyen, scientifique et lanceur d'alerte. Ses conférences sur les OGM sont une référence, et ont même appuyé les travaux du Grenelle de l'Environnement. Mercredi 25 juin prochain, le Comité de soutien à Christian Vélot, dont Dominique Voynet est membre, appelle à un rassemblement de solidarité. D'ici là, Dominique Voynet a saisi Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Ecologie et du Développement durable. Ci-après, le courrier envoyé ce mercredi à M. Borloo :

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Vidéo : Dominique Voynet sur BFMTV-Dailymotion

Dimanche 15 juin Dominique Voynet était l'invitée de la Tribune BFMTV-Dailymotion.
Vidéos :


 

Estuaire de la Seine : le message de Dominique Voynet aux manifestants


Ce dimanche, à l'appel de nombreuses associations de protection de l'environnement, avait lieu une manifestation pour la sauvegarde de l'estuaire de la Seine, menacé de saccage écologique. ++Les Verts soutenaient évidemment la mobilisation++, et Dominique Voynet a transmis aux organisateurs un court message de soutien, qui a été lu à la manifestation :

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je ne pourrai pas être parmi vous ce dimanche. J'espère sincèrement, de Montreuil où je suis, que vous êtes nombreux, et que vous êtes déterminés.

Je suis d'autant plus désolée de n'être pas là que j'ai donné, au Ministère de l'Aménagement du territoire et de l'environnement, beaucoup d'énergie et de passion pour ce qui vous anime et vous mobilise aujourd'hui, la sauvegarde de l'estuaire.

Nous avions passé beaucoup de temps pour permettre, pour construire petit à petit, un compromis qui pouvait être acceptable par tous, une solution qui permette à chacun de de ne pas se sentir perdant. Ce que nous avions conçu, après des mois de discussions, signifiait que la réalisation d'infrastructures lourdes, qui était déjà décidée, devait forcément trouver des compensations. Que nous pouvions, même si le projet initial n'était pas le nôtre, nous permettre de limiter ses impacts, et ménager pour la nature et la biodiversité ce qui était nécessaire.

Dix ans après, je dois constater que les concessions que nous avions obtenues ne sont pas respectées, qu'elles n'auront été que des concessions sur le papier. Vous le savez mieux que moi, les engagements et les grands discours sont ici bafoués tous les jours par les faits, piétinés sans vergogne ! Je veux vous le dire : on m'a parfois accusée de mollesse lorsque j'étais au gouvernement. Et bien, avec le recul, quand je vois autant de gens, représentant autant d'intérêts particuliers, agir avec autant d'obstination contre l'intérêt public que nous avions préservé, détricoter avec patience tout ce que nous avions fait, je me dis que nous avions bien travaillé.

Mais que nous n'avons, décidément, pas changé nos adversaires !

Et ce qui nous a fait défaut à l'époque, ici, dans l'estuaire comme dans tant d'autres combats, c'est la faiblesse de la mobilisation des citoyens, et le terrain si grand laissé, par cette faiblesse, à toutes les visions de court terme, à tous ceux qui expliquent que l'économie, ce sont des choses séreuses, et c'est plus important, tellement plus important, que les petits oiseaux, les milieux naturels et la biodiversité.

J'en suis aujourd'hui convaincue : l'écologie n'a pas seulement besoin d'élus efficaces, de décideurs intégrés dans les institutions, mais minoritaires. L'écologie, la sauvegarde de ce qui est fragile, a besoin, d'abord, de la mobilisation du plus grand nombre. Que chacun se sente concerné, agisse, et proteste, partout où il le peut. C'est ce que vous faites aujourd'hui, et pour cela, je veux simplement vous dire : bravo !

 

Transports publics en Ile de France : desserrer la contrainte

La revue Transport Public publie ce mois-ci, dans le numéro qu'elle publie à l'occasion du troisième salon européen Transports Publics, le point de vue de Dominique Voynet.

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Desserrer la contrainte, au plus vite

L'ascension était prévisible. Pour autant, l'affolement des cours surprend encore ceux qui, obstinément, n'avaient rien vu venir : à 130, 140 dollars le baril de pétrole, dans quel monde entrons-nous ? A près de 1,50 euro le litre de carburant, comment allons-nous faire ? Comment s'adapter, puisque nous ne pouvons plus ni négocier ni retarder le choc ? Dire que les transformations nécessaires seront lourdes relève de l'euphémisme. Faute d'avoir anticipé, nous sommes aujourd'hui conduits à « économiser le pétrole à la hate », selon la formule de l'Agence internationale de l'énergie ; bref, on improvise, on bricole sans vision, on ne prévoit jamais le coup d'après, comme en témoigne la gestion du conflit des pêcheurs par le gouvernement.

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Marina Petrella : Lettre de Dominique Voynet à Rachida Dati

Le __Premier Ministre a donc signé le décret__ autorisant l'extradition de __Marina Petrella__. Dominique Voynet, qui soutient depuis plusieurs mois la mobilisation contre cette extradition, a écrit à la Ministre de la Justice, Rachida Dati, pour lui demander d'y renoncer.

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Madame la Ministre,

Au lendemain de la signature par Monsieur François FILLON, Premier ministre, du décret d’extradition de Madame Marina PETRELLA, je souhaite à nouveau attirer votre attention sur son cas.

Loin de moi la tentation d’excuser les faits commis au cours d’une période douloureuse de l’histoire de l’Italie. Loin de moi la tentation de négliger la détresse des victimes, de leurs proches et de l’opinion italienne… Ce n’est pas de cela qu’il est question ici, mais des voies et moyens par lesquels on peut tenter, alors que Marina PETRELLA vit depuis plus de vingt ans sur le territoire français, de ne pas ajouter de la douleur à la douleur, de l’injustice à l’injustice.

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"Energie : l'entêtement nucléaire retarde les bons choix" - Tribune de Dominique Voynet et Mickaël Marie dans Ouest-France

Energie : l'entêtement nucléaire retarde les bons choix



L'EPR est donc stoppé, au moins provisoirement. Mardi dernier, l'Autorité de sûreté nucléaire a ordonné l'arrêt des travaux engagés à Flamanville, dénonçant un « manque de rigueur inacceptable ». Ce réacteur nucléaire dit de « nouvelle génération » était la veille encore présenté par le Président de la République comme une solution d'avenir face à la crise du pétrole.

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Sénateur, tu comptes pour du beurre...

On peut n’y voir qu’un caprice du hasard… Les conditions dans lesquelles le Sénat est prié d’examiner le projet de loi sur la responsabilité environnementale illustrent pourtant à merveille le fossé entre les nobles ambitions affichées par le président de la République – renforcer le rôle du Parlement – et la triviale réalité. Comment imaginer une seconde que la réforme des institutions, concoctée par le gouvernement, et qui fait l’objet d’âpres négociations entre la majorité (qui ne dispose pas des 3/5 des voix indispensables au vote de la réforme par les parlementaires des deux chambres) et l’opposition (dont la position définitive n’est pas arrêtée), changerait cette réalité triviale : les sénateurs comptent pour du beurre !

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Pécheurs : ce n’est pas l’Europe qui est responsable, c’est l’imprévoyance !

Communiqué de presse de Dominique Voynet

En novembre dernier au Guilvinec, le Président de la République avait promis de répondre aux inquiétudes des pêcheurs. Six mois plus tard, le conflit s’est durci. Avec la hausse continue des cours pétroliers, les flottes de pêche voient leurs charges de carburant alourdies. Le salaire des marins, souvent calculé « à la part », sur le chiffre d’affaires, s’en trouve sévèrement réduit.

Dans ce contexte de déprime, les déclarations récentes de Michel Barnier, ministre de la Pêche et de l’Agriculture, se défaussant sur l’Union européenne, ont quelque chose de scandaleux. Il est d’usage en France de blâmer l’Europe à tout propos. Il est désolant de constater que Michel Barnier, qui fut, lorsqu’il était commissaire européen, confonté à cette mauvais habitude de trop d’Etats membres et dont l’engagement européen est pourtant ancien, n’échappe pas à la règle.

Cela doit pourtant être redit : ce ne sont pas les règles de l’Union européenne qui expliquent que ce gouvernement, comme les précédents, échoue à répondre aux difficultés du secteur face au pétrole cher. Y parvenir supposerait d’admettre l’ampleur du problème : toutes les professions et toutes les activités dont la bonne santé a longtemps reposé sur l’usage de ressources énergétiques bon marché devront évoluer. Le choc d’aujourd’hui était prévisible : ce n’est pas l’Europe qui en porte la responsabilité, mais l’imprévoyance des gouvernements nationaux.

Il n’y a pas de solution de court terme aux difficultés de la pêche. Des mesures d’urgence doivent évidemment conforter le revenu des marins, qui n’ont pas à supporter seuls les effets négatifs de choix trop longtemps retardés. Mais elles seront inutiles si ne sont pas adoptées des mesures de soutien à l’adaptation du secteur, qui permette à la fois de réduire la dépense d’énergie et de préserver la ressource halieutique aujourd’hui menacée.

 
Crédits | Les archives de l'ancien site

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